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De 1939
à 1945 : Les années de guerre
Le succès de l'autoneige B71 est tel que, déjà en
1939, L'Auto-Neige Bombardier ne suffit plus à la demande. Une usine moderne
d'une capacité annuelle de 200 véhicules est construite en 1940. Elle sera
inaugurée le 29 janvier 1941 sous l'enseigne L'Auto-Neige Bombardier.
Naissance de l'autoneige B121
Au cours de 1941, Joseph-Armand met au point une nouvelle autoneige,
désignée B121, qui fera l'objet d'un brevet d'invention le 23 juin 1942.
D'une capacité de 12 passagers, cette autoneige présente un profil allongé
qui lui donne une allure plus aérodynamique que celle de l'autoneige B71.
Dès sa sortie, l'autoneige B121 connaît un grand succès et les commandes se
multiplient. Cet élan sera, cependant, freiné par l'entrée en guerre du
Canada.
Véhicules militaires
Le rationnement du matériel et l'affectation de la main-d'¦uvre aux services
militaires empêchent désormais Joseph-Armand de fabriquer des véhicules à
des fins civiles. En
réponse à une offre de service adressée au ministère des Munitions et des Approvisionnements, il se voit confier le mandat de mettre au point un
prototype d'autoneige militaire pour le transport des troupes dans les zones
d'opérations enneigées, notamment en Norvège.
Mark I1
En s'inspirant de l'autoneige B121, l'inventeur met au point, en quelques
semaines, un prototype de véhicule nommé B11, dont certaines innovations
techniques feront l'objet de demandes de brevet au Canada et aux États-Unis.
Les Forces canadiennes passent une commande de 130 véhicules, livrables dans
un délai de quatre mois.
L'usine de Valcourt étant trop petite pour réaliser la commande dans un si
bref délai, Joseph-Armand s'installe dans une usine déjà existante à
Montréal. Soucieux toutefois de préserver le gagne-pain de ses employés, il
continue de fabriquer les pièces à Valcourt.
À la demande des autorités canadiennes, Joseph-Armand met au point, en 1943,
un prototype de véhicule blindé à chenilles nommé Kaki1. Des essais
concluants, réalisés dans la région de Valcourt, permettent à l'inventeur de
mettre d', nommée Mark I1 (autoneige blindée), qui deviendra après modifications Mark II1, aussi connu sous le nom anglais de Penguin1, puis Mark III1.
Plus de 1900 véhicules chenillés destinés à des fins militaires seront
produits, d'après des concepts de Joseph-Armand Bombardier, entre 1942 et
1946. Par ailleurs, bien que restreinte en temps de guerre, la production
d'autoneiges civiles se poursuit à modeste échelle à Valcourt, pour répondre
aux besoins de détenteurs de permis spéciaux. Elle augmente même d'année en
année, passant de 27 unités en 1942-1943 à 236 unités en 1945-1946.
La guerre terminée, Joseph-Armand Bombardier quitte Montréal pour revenir à
Valcourt et assurer l'expansion future de son entreprise.
Incorporation de l'entreprise
En dépit de la guerre et de toutes ses restrictions, Joseph-Armand poursuit
sans relâche ses recherches, ses essais et ses inventions. Il continue de
déposer des demandes de brevet au Canada et aux États-Unis. Afin de mieux
protéger ses droits d'exploitation et de faire bénéficier ses proches
collaborateurs des réalisations de l'entreprise, il décide de donner un
cadre légal à son exploitation. C'est ainsi que naît, le 10 juillet 1942, la
société L'Auto-Neige Bombardier Limitée, dont le siège social est à Valcourt
(Québec) et dont le capital autorisé est de 3000 actions.
Les difficultés et les contraintes de la guerre font ressortir chez
Joseph-Armand Bombardier des qualités exceptionnelles : une grande aptitude
à s'adapter aux circonstances les plus contrariantes, une capacité quasi
inépuisable de travailler, un sens aigu de la responsabilité envers son
village, et une grande ouverture d'esprit devant les nouveaux horizons qui
s'ouvrent. Cet homme remarquable a aussi la sagesse de s'entourer de gens
dont la compétence assure le bon fonctionnement de son entreprise, ce qui
lui permet de consacrer plus de temps à ses inventions.
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