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De 1926
à 1938 : Premiers succès
Joseph-Armand revient à
Valcourt en 1926 pour ouvrir son propre garage. Son
père lui consent un prêt, et sa famille l'aide à
construire le bâtiment. Il n'a que 19 ans, mais son
aptitude remarquable à trouver une solution à tout
problème mécanique, qu'il s'agisse de moteurs
d'automobiles, de bancs de scies ou de pompes agricoles,
lui vaut rapidement une excellente réputation dans la
région. Grâce à ses succès, le jeune homme est en
mesure de rembourser le prêt paternel dès 1929.
Depuis sa jeunesse, il est surtout préoccupé par
l'isolement dans lequel sont plongés les villages
québécois en hiver. Cet isolement, qui freine les
déplacements motorisés, rend son métier saisonnier.
Aussi, mettant à profit son génie, Joseph-Armand
Bombardier profite-t-il du repos forcé que lui impose
l'enneigement pour, justement, chercher un moyen de le
vaincre.
Recherches inlassables
Le défi consiste à concevoir un véhicule motorisé
assez léger pour ne pas s'enfoncer dans la neige, et
muni d'un moteur, d'une traction et d'une suspension
adaptés à la consistance changeante de la neige.
Pendant 10 ans, il se consacre au projet avec
acharnement, souvent tard dans la nuit, et même le
dimanche. Il multiplie les essais et les recherches, y
laissant une grande partie de ses économies et
s'attirant les railleries de son entourage quand il
passe de demi-succès en échecs. Mais sa quête,
intuitive et raisonnée, ignore les doutes et les
sarcasmes. D'année en année, il développe divers
prototypes en modifiant des automobiles.

Les moteurs d'automobiles sont trop lourds pour les
véhicules légers qu'il souhaite réaliser. C'est
pourquoi, en 1933, il va même jusqu'à fabriquer un
moteur de 45 kilos, donc plus léger, lui permettant de
développer des prototypes à une ou deux places. Ce
moteur pose, cependant, des problèmes de surchauffe,
et l'inventeur doit recourir de nouveau aux moteurs
d'automobiles et revenir à la conception de véhicules plus
lourds.
Au cours de l'hiver 1934, son fils Yvon meurt d'une
péritonite à l'âge de deux ans, faute d'avoir pu être
transporté à l'hôpital. Joseph-Armand aiguillonné par
la douleur redouble d'efforts pour vaincre enfin
l'isolement des campagnes enneigées. L'année suivante,
il met au point une roue d'engrenage recouverte de
caoutchouc et un système de chenilles de caoutchouc et
coton qui recouvrent les roues arrière. Ce système de
barbotin-chenille révolutionnaire lui permet enfin de
résoudre les problèmes de circulation sur la neige.
Brevet et production
Le système de traction barbotin-chenille de 1935 est
la première grande invention de Joseph-Armand
Bombardier. Conscient de l'importance de sa découverte
et bien au fait des lois du commerce, l'inventeur
adresse une demande de brevet à Ottawa le 19 décembre
1936. Six mois plus tard, le 29 juin 1937, il reçoit
une réponse affirmative du Bureau des brevets. C'est
la joie : ses efforts sont enfin reconnus et tous ses
rêves sont désormais accessibles.
Un choix difficile s'impose maintenant. Doit-il
exploiter lui-même son brevet ou le vendre à gros prix
à un fabricant d'automobiles? L'entrepreneur
visionnaire opte pour l'exploitation à Valcourt et, du
coup, se transforme en industriel. Le Garage
Bombardier, agrandi et aménagé en usine de production,
fonctionnera dorénavant toute l'année, donnant
ainsi emplois et prospérité au village.
Les sept premières autoneiges de production sortent de
la nouvelle usine à l'hiver 1936-1937. Elles portent
la désignation B71, soit B pour Bombardier et 7 pour
le nombre de passagers qu'elles peuvent accueillir.
Ces véhicules connaissent un bon succès. L'inventeur
cherche toujours à améliorer ses produits. Il constate
qu'il y a accumulation de neige et de glace dans les
roues à broches des véhicules. Pour remédier à ce
problème, il met au point une presse qui produit des
roues pleines, démontrant encore là sa capacité
d'autosuffisance et son souci de la qualité du produit.
Les premières autoneiges B71 équipées de roues pleines
datent de 1940.
Promotion personnalisée
La production augmente en fonction de la demande au
cours des années suivantes. Pour mousser cette demande,
Joseph-Armand axe la promotion sur la démonstration.
C'est ainsi qu'on le voit sillonner le Québec au
volant de son autoneige B71, pour en faire connaître le
potentiel. L'inventeur-entrepreneur fait ainsi preuve
d'un vif sens du commerce.
Lors de ses tournées de promotions,
Joseph-Armand prend bien soin de garer son autoneige B71 à proximité des
bureaux de la presse locale des villes et des villages qu'il visite,
s'assurant ainsi d'une publicité gratuite.
Visionnez un B-71 en action !

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Garage Bombardier

En 1929, Joseph-Armand
Bombardier épouse Yvonne Labrecque.

Famille de J. Armand et d'Yvonne (de g à dr.): Germain, André,
Huguette, Claire, Janine, Yvonne et J. Armand . |

Véhicule de 1928, muni d'une ceinture
d'acier sur les deux roues à l'arrière.

Véhicule de 1931, muni d'une courroie
de coton sur les roues. |
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Système de barbotin-chenille : roue dentée recouverte de caoutchouc qui entraîne une chenille composée de deux bandes de caoutchouc reliées entre elles par des traverses d'acier.

Les premiers clients pour l'autoneige
B71 se recrutent notamment chez les vétérinaires, les médecins de
campagne, les hôteliers et les entrepreneurs de pompes funèbres.

Un B71 appartenant à la compagnie de crème
glacée Perfection.
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